La Grande Guerre au quotidien : (Vendredi) 29 Mars 1918

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    LouisDiRosa
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    La Grande Guerre au quotidien :

    (Vendredi) 29 Mars 1918

     

    Depuis le 23 mars, les Allemands bombardent Paris avec trois canons géants situés dans la forêt de Saint-Gobain, à 140 km au nord de la capitale. Ils sont surnommés Langer Friedrich (« Frédéric le Long »), en hommage à l’industriel Friedrich Krupp, et Gross Gustav en hommage à son gendre.
    L’un de ces canons tire un obus à l’aveuglette le 29 mars 1918. Il atteint l’église Saint-Gervais, pendant les vêpres du Vendredi Saint, occasionnant 91 morts (dont 52 femmes) et 68 blessés parmi les fidèles. L’événement a un retentissement jusqu’en Amérique.
    La situation est-elle bien meilleure en Argonne marnaise en ce 29 mars 1918? Pierre Perrin du 27 régiment d’infanterie considère qu’il y toujours beaucoup de danger même si l’artillerie s’est calmée depuis la veille. Il est une information qui le trompe pas même si le temps a changé qu’il pleut et qu’il y a de désagréables bourrasques de vent : » A Hans, les civils ont reçu l’ordre de quitter le village dans les quarante-huit heures. Le contre-ordre est venu le lendemain. Le tambour en a cassé ses baguettes qui étaient en bois blanc. Mais, entre-temps, les commerçants se sont débarrassés de leurs denrées en les vendant à perte; d’autres avaient vendu leurs volailles, lapins, cochons à bas prix. Une compagnie du 85e, touchant, comme toutes les autres, 1,08 par homme, de l’intendance qui allouait cette somme pour permettre l’achat de poissons pour le Vendredi saint, en a profité pour acheter un veau, quatre lapins et deux cochons, qui ont remplacé avantageusement la morue. A notre compagnie, le poisson a été aussi transformé en cochon.
    Le médecin militaire Maurice Bedel qui se tient toujours informé de la situation sur le front et sait la situation critique en Picardie, mentionne le 29 mars 1918 : « On parle d’une armée franco-anglaise Foch, constituée pour la contre-offensive. Le Grand Quartier Général reprend son calme et les voix de Provins entendues au téléphone se font plus amènes. Dame§ Nous donnons à Pétain jusqu’à notre dernier bonhomme. Le 16e corps s’en va, en entier. La division Brissaut-Desmaillet s’attend à partir ainsi qu’une division du 21e corps et une division du 14e corps. Resteront en ligne sept divisions : il y a un mois l’Armée comptait dix-huit divisions… On nous a pris tous nos avions, 90 % de nos camions, la moitié de nos infirmiers, une auto-chirurgicale sur trois et quatre ambulances, cinq équipes. Une division allemande bien décidée, prendrait, si elle le voulait, Belfort demain, Besançon après-demain. Mais elle ne le veut pas pour la bonne raison que les Allemands retirent comme nous de leur front tous les éléments de combat ».

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